Metz médiéval

P-E Wagner, Didiot, Heber-Suffrin
mardi 19 février 2019
par  fred131
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MAJ 21-02-2019 (ajout de la partie porte des allemands)

Metz médiéval

La porte des Allemands (Mylène Parisot)

La porte des Allemands a été construite vers 1230 en même temps que le reste de l’enceinte urbaine. Elle tient son nom de l’hôpital installé à proximité et fondé par les Chevaliers Teutoniques. La porte se situe sur l’une des deux principales voies romaines qui coupaient la ville, le decumanus, et qui permettait de se rendre à Mayence.

L’architecture de la porte a évolué au fur et à mesure des progrès de l’armement, et notamment de l’artillerie. Si au XIIIe siècle, elle se compose d’une ouverture flanquée de deux tours circulaires (sur le modèle de l’enceinte de Philippe-Auguste à Paris à la même période), plusieurs phases d’améliorations du XVe siècle jusqu’au début du XVIe siècle vont faire de cette porte un véritable petit château fort.
La 1ère phase est l’ajout d’un ouvrage avancé en 1445. Il a été réalisé en pierre de Jaumont par l’architecte Henri de Ranconval, comme le rappelle une inscription sur la tour sud de la construction.

La 2eme phase et la mise en place d’une basse-cour (appelée « Baile »). Il s’agit ici d’un large pont maçonné reposant sur une seule arche qui enjambe la Seille. Il remplace le pont initial, plus étroit. Cette basse-cour est réalisée autour de 1480 et elle est bordée de deux galeries couvertes.

La 3e phase de construction début au début du XVIe siècle sous l’impulsion d’un magistrat messin responsable d’une partie de l’enceinte, Philippe III Desch. Des intempéries ayant sapé les fondations de la porte et de la muraille en aval, l’ouvrage est refondé tandis que la muraille en aval est doublée, à partir de 1526, d’une fausse braie destinée à résister aux tirs d’artillerie.

(On sort alors de la porte pour rejoindre le belvédère pour observer le moineau Desch).

Contre cette fausse braie, un moineau (un ouvrage défensif construit dans le fond des fossés pour le défendre) est édifié. Il présente un décor original et grotesque composé de grelots, de boulets avec des visages humaines, mais aussi de personnages aujourd’hui identifiés. Une frise richement décorée court sur le bas de le la fausse braie jusqu’à la tour d’angle en aval.

Philippe III Desch fait ensuite réaliser plusieurs salles de tir dès 1529. Deux sont construites sur la fausse braie et offrent également une large terrasse de tir. Une autre salle est aménagée à un niveau inférieur et permet de défendre le lit de la rivière. Des ouvertures destinées à évacuer les fumées des armes à feu y sont percées. Ces salles de tir sont voûtées avec des arcs doubleaux réalisés en pierres de Jaumont.

(On revient dans la porte et on rentre alors dans les salles de tir. On observe alors les vestiges d’un escalier à vis contre l’une des salles, ce qui montre qu’elles n’ont pas été construites en même temps)

Dans l’une de ces salles, une inscription rappelle le rôle de Philippe III Desch. C’est la 1ère salle de tir à avoir été construite. Une semblable inscription a été observée dans le moineau. Les autres salles ont été construite après, entre 1530 et 1531.
(On peut alors sortir dans le jardin des Amours pour observer les signes lapidaires)
Une autre salle de tir a été aménagée sous le pont de la basse-cour à la même période (1531). Aujourd’hui, elle n’existe plus, mais il est possible d’observer les marches qui y menaient.

(Pour finir la visite, on peut alors monter sur la terrasse en empruntant un escalier à double révolution dans la tour nord d’Henri de Ranconval).

La Place Saint Louis (Pierre-E Wagner)

Place saint-louis 1933

La place, appelée vicus novus dans les textes du VIIIe siècle, puis vesigneuf au XIIIe, est située en bordure de la Seille, comblée en 1906. Le bourg marchand est le centre du commerce de la ville médiévale ; vers 1224, les banquiers y bâtissent une halle, « les Vieux Changes », qu’ils complètent peu après par une autre, dite « les Neufs Changes ». Leur activité est si importante qu’elle désigne la place tout entière, « le Change », nom qu’elle conserva jusqu’à ce que, au début du XVIIe siècle, la mise en place d’une fontaine ornée d’une statue de Saint Louis lui donne son nom actuel.

De nombreuses corporations (parmentiers, drapiers, couteliers, boulangers) y possèdent une halle, mais ce sont surtout les merciers (vendeurs de fournitures pour le vêtement et la parure) qui déjà avant 1250 habitent dans les maisons à arcades, « les arvols en Vésigneuf ». Celles-ci, qui disposent de vastes caves, sont appuyées sur le mur de l’enceinte antique et du haut Moyen Âge, vendu par la cité car devenu inutile à la suite de la construction de la nouvelle enceinte englobant le quartier d’Outre-Seille.

Les archives évoquent la construction de maisons dès avant 1235. L’architecture de la place ne doit rien aux banquiers lombards, qui n’apparaissent ici qu’après 1275, et il ne faut accorder aucun crédit à la tradition moderne qui situe l’activité des changeurs sur les banquettes de pierre couvrant l’accès aux caves placées sous les arcades.

Quelques façades ont conservé leurs créneaux, marque de puissance qui désignait les résidences des patriciens ou des riches marchands. À l’angle de la rue de la Tête d’or (percée en 1749), la façade à pignon de style flamand, souvent présentée comme le témoignage authentique de l’architecture ancienne de la place, fut plaquée en 1903 sur une maison intégralement reconstruite dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.

On rejoint la cathédrale (si la météo et l’horaire le permettent) en passant devant la chapelle st Genest, le couvent des Cordeliers, et le grenier de Chèvremont) (1km environ)

La Cathédrale (François Heber-Suffrin)

Façade nord de la Cathédrale de Metz au soleil couchant

Attestée à cet emplacement dès le milieu du Ve siècle, la cathédrale Saint-Étienne est le plus grand édifice médiéval de Lorraine. Longue de 123 mètres et haute de 42, c’est aussi la cathédrale la plus élevée de France après celles de Beauvais et d’Amiens.

L’édifice revêt l’apparence d’une immense châsse de verre : c’est, avec plus de 6 500 mètres carrés de verrières, l’une des plus vitrées du monde gothique. Ses
vitraux anciens, du XIIIe au XVIe siècle, que sont venus compléter au XXe siècle ceux de Jacques Villon et de Marc Chagall, forment un incontournable musée de la peinture sur verre.

Les tours, placées à la quatrième travée de la nef, séparent la cathédrale Saint-Étienne proprement dite des trois premières travées, constituées de l’ancienne collégiale Notre-Dame-la-Ronde. Commencée vers 1220, la reconstruction de la nouvelle nef gothique qui regroupe les deux églises est (sauf les voutes) achevée vers 1300.

Après une longue interruption, le transept et le chœur sont reconstruits entre 1487 et 1520 dans le strict respect du parti mis en œuvre trois siècles plus tôt. L’élévation, qui ne respecte pas les proportions en usage dans les autres cathédrales, développe sur près de la moitié de la hauteur totale un clair étage (triforium à jour et fenêtres hautes) porté par de grandes arcades. Les dernières modifications interviennent à la fin du XIXe siècle : des pignons sculptés sont mis en place de 1883 à 1886 et le portail d’angle est reconstruit en 1885. Mêlant les styles des XIIIe et XIVe siècles, le nouveau portail occidental date de 1903. En 1911 enfin, la flèche de la tour de la Mutte est reconstruite.


Le site officiel des archives départmentales de Moselle

P.-E. Wagner (Conservateur en chef - Bibliothèques-Médiathèques de Metz)

F. Héber-Suffrin – Maître de conférences en Histoire de l’Art
Université Paris-X


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