"Les champs de bataille des Eparges et de Verdun" par Nicolas Czubak (sortie des Agoras).

dimanche 26 janvier 2020
par  fred131
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Au cours de la journée du 24 octobre 2019, j’ai eu le plaisir d’accompagner, avec Marie-Laure Lefèvre, membre du comité de l’APHG, une vingtaine de collègues sur les champs de bataille des Éparges, le matin, et de Verdun, l’après-midi, deux hauts-lieux de la Première Guerre mondiale situés à une vingtaine de kilomètres l’un de l’autre.

Sortie sur les champs de bataille des Éparges et de Verdun

I) Des liens très étroits entre les champs de bataille des Éparges et de Verdun

Situés à une vingtaine et à une quarantaine de kilomètres de la frontière franco-allemande d’alors, ces deux sites possèdent deux points communs qui les relient fortement.

Le premier est que la bataille menée aux Éparges en 1915 est annonciatrice de la montée en puissance continuelle des moyens de destruction utilisés lors de ce conflit. Sur la crête dont la longueur avoisine les deux kilomètres et la largeur dépasse les 800 mètres, se sont tenus des combats d’une grande violence sous les « orages d’acier » déclenchés par l’artillerie, pour paraphraser Ernst Jünger qui combattit non loin de là. Français comme Allemands ont témoigné de la fureur de la lutte sous les tirs d’artillerie, écrasant physiquement et moralement les hommes sur cet espace très étroit.

La forme paroxystique de ce type sera rencontrée un an plus tard sur le champ de bataille de Verdun avec comme point de départ le « Trommelfeuer » du 21 février 1916…

Le second point de convergence entre les Éparges et Verdun est incarné en la personne de Maurice Genevoix.

L’académicien a été bouleversé par l’expérience subie sur la crête entre février et avril 1915 d’abord comme chef de section, puis chef de compagnie. Il a eu l’immense douleur de voir tomber de nombreux camarades, dont son meilleur ami, le jeune sous-lieutenant Robert Porchon, tué à 21 ans le 20 février 1915. De son expérience de combattant, et poussé par son professeur à l’école normale, Paul Dupuy, Maurice Genevoix écrit cinq ouvrages tirés de ses carnets rédigés du front entre 1916 et 1923.

C’est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, à un moment où la mémoire des anciens combattants de 14-18 est refoulée à l’arrière-plan par le conflit qui vient de se terminer que Maurice Genevoix acquiert la stature de porte-parole des poilus de la Grande Guerre.

En 1946, il est élu à l’Académie française et trois ans plus tard est édité Ceux de 14 qui regroupe en un seul volume ces cinq ouvrages.

Appuyé sur sa notoriété, l’homme prend sa plume pour rappeler les sacrifices des combattants de 14-18 menacés d’oubli.

En 1951, il devient le président-fondateur du Comité National du Souvenir de Verdun (CNSV), Verdun devenu symbole de la Grande Guerre dans la mémoire collective française.

En 1958, il devient Secrétaire perpétuel de l’Académie française.

Peu de temps après, il s’investit dans le projet d’édification d’un Mémorial sur le champ de bataille de Verdun. Le 17 septembre 1967, c’est avec la double étiquette de président-fondateur du CNSV et de Secrétaire perpétuel de l’Académie française qu’il prononce le discours inaugural du mémorial en présence d’Henri Duvillard, ministre des Anciens Combattants et de 3000 personnes dont 2 000 anciens combattants.

L’allocution se termine par ces mots :

« Ce Mémorial, pour vous, les Anciens, c’est aussi cela, n’est-il pas vrai ? Tout homme, au long de son existence, lorsqu’il regarde autour de soi, devrait pouvoir dénombrer sur sa route les compagnons de sa jeunesse, avec lui mûrissant, vieillissant. C’est une des joies de la vie ici-bas, normales et bonnes. Nous autres, à peine sortis de l’adolescence, quand nous nous retournions ainsi, nous ne voyions que des fantômes. Mutilés dans notre corps, mutilés dans nos amitiés. Voilà la guerre. Désormais, derrière nous, il y aura ce Mémorial. Il est aussi, il est encore cela : il nous rend, avec notre passé commun, nos camarades toujours vivants.
Nous vous le remettons, monsieur le Ministre des Anciens Combattants ; et, par vous, à notre pays ; et, par lui, aux centaines de milliers d’hommes et de femmes, nos semblables, qui viendront s’y recueillir. Jeunes et vieux, amis, ennemis réconciliés, puissent-ils emporter de ces lieux, au fond d’eux-mêmes, une notion de l’homme qui les soutienne et les assiste !
Quel vivant n’en aurait besoin, en ces temps toujours incertains ? Puisse la lumière qui va veiller ici les guider enfin, vers la Paix ! »

II) Présentation des sites visités

Le matin, le groupe de l’APHG a découvert le site des Éparges.

A) La crête des Eparges : retour sur les combats entre 1914 et 1918

La lutte menée entre les troupes françaises et allemandes commence avec la formation du saillant de Saint-Mihiel dans la deuxième moitié de septembre 1914. Entre le 21 et le 24 septembre 1914, les Allemands s’établissent sur la crête dominant les Français qui n’ont réussi qu’à s’accrocher qu’au pied nord-ouest de la hauteur. Voulant bénéficier de bonnes vues sur la plaine de la Woëvre, les Français décident de se rendre maîtres de la crête des Eparges. La mission est confiée à la 12e Division d’Infanterie.

L’attaque commence le 17 février 1915 après l’explosion de quatre mines et une concentration d’artillerie jamais vue jusqu’alors sur cette partie du front de Lorraine. Le 106e RI, régiment de Maurice Genevoix, se rend maître du point A, sur la partie ouest de la crête mais les Allemands de la 33. Reserve Division, unité formée à Metz en 1914, engagent des réserves pour récupérer cette position. Attaques et contre-attaques se succèdent jusqu’au 21 février sous un déluge d’artillerie des deux camps.

Les Français comprennent bien que leur situation reste précaire sur la partie ouest de la hauteur et qu’il faut en contrôler la totalité. Ils relancent par deux fois, les 18-19-20 et 27-28 mars, des attaques pour conquérir les points C et X, respectivement point culminant et éperon est de la crête. Durant ces cinq journées, attaques et contre-attaques se succèdent. Les deux camps subissent des centaines de pertes et les Français réussissent à grignoter quelques dizaines de mètres vers le point X, qui domine l’éperon est de la crête.

En avril, la 12e DI reçoit l’ordre à nouveau de repartir à l’assaut. Sous des averses de pluie et de neige, Français et Allemands s’affrontent souvent au corps à corps, les armes étant enrayées par la boue. Entre le 5 et le 9 avril 1915, les Français réussissent à contrôler définitivement le point C, point culminant au centre la crête mais le point X, âprement défendu, leur échappe toujours. En effet, la perte de ce point serait catastrophique pour les Allemands car les Français pourraient, depuis cet éperon, régler des tirs sur tous les cantonnements et dépôts installés au pied des Côtes de Meuse.

La lutte a été acharnée : de février à avril 1915, ce sont près de 20 000 hommes qui ont été mis hors de combat dans les deux camps confondus !

Ces terribles attaques marquent la fin des grands assauts en surface. Désormais, c’est la guerre des mines qui fait rage sur la crête.

Si jusqu’au mois de février 1916, les sapeurs mineurs français réussissent à conserver l’ascendant sur les Pioniere allemands, ceux-ci reprennent définitivement la main jusqu’à l’été 1918, grâce à de formidables aménagements souterrains dont l’épine dorsale est le « Tunnel de Combres » qui fait près de trois kilomètres de long.

Ce type de lutte a défiguré à jamais la crête des Eparges, en creusant d’énormes entonnoirs. Avec l’offensive franco-américaine visant à réduire le saillant de Saint-Mihiel, les Allemands abandonnent le point X dans les premières heures du 13 septembre 1918 mettant un terme à la guerre sur ce site.

Toutes ces informations peuvent être retrouvées dans l’ouvrage intitulé Les Éparges, die Combres-Höhe1914-1918, Français et Allemands face à face sur les Hauts de Meuse Edité en 2014 aux éditions Dacres, collection Mémorial de Verdun.

B) La visite du champ de bataille de Verdun

La visite de l’après-midi s’est focalisée sur la bataille de Verdun.

Entre février et décembre 1916, le champ de bataille de Verdun a vu le passage de 1 200 000 Allemands et 1 100 000 Français (les ¾ de l’armée française de 1916). Ce sont donc 2 300 000 hommes qui sont venus à tour de rôle sur ce champ de bataille étroit, d’une surface de moins de 200 km².

Si Verdun n’est pas la plus sanglante bataille de la Grande Guerre avec plus de 700 000 victimes (300 000 tués et 400 000 blessés), elle n’en demeure pas moins une des batailles les plus acharnée de 14-18 marquée par un bombardement terrifiant, ce qui lui a valu le surnom de « hachoir » ou de « Mühle » dans les rangs français et allemand.

Cette tragédie a été abordée par le groupe de l’APHG à partir de trois sites : le Mémorial de Verdun, le village de Fleury-devant-Douaumont et l’Ossuaire de Douaumont.

1) Le Mémorial de Verdun : une structure culturelle rénovée

Le Mémorial a fait l’objet d’une rénovation totale dans le cadre du centenaire de la bataille de Verdun. La structure a été élargie et rehaussée d’un étage, permettant, entre autres, l’intégration d’une salle pédagogique d’une trentaine de places utilisable par les enseignants.

Le parcours présenté par le musée

Pensé dès son origine afin de présenter les conditions de vie des soldats dans la bataille, le Mémorial de Verdun s’est doté d’un nouveau parcours scénographique permettant, à l’aide de nombreux supports médias, de s’approcher au plus près de l’expérience combattante et ce dans un regard croisé franco-allemand. A cette fin, de nombreuses acquisitions d’objets allemands ont été effectuées afin de réduire le déséquilibre qui existait dans l’ancienne muséographie.

L’espace introductif

Après un sas introductif qui resitue la bataille de Verdun dans le contexte global de la Première Guerre mondiale et de l’évolution des armements, le musée s’ouvre sur un premier espace qui présente les causes de la bataille. Dans son prolongement, un dispositif de projection sur une carte en relief permet, en une quinzaine de minutes, de retracer les différentes phases de la bataille de 1916.

Immersion au cœur du champ de bataille

Mais l’essentiel de ce niveau du musée est dédié aux conditions de vie des soldats français et allemands, de leur venue sur le front de Verdun au passage sur le champ de bataille.
Il s’agit par la muséographie d’incarner cette histoire à hauteur d’hommes et d’immerger les visiteurs dans ce terrible environnement.

L’élément central de ce niveau est un écran de 100 m² sur lequel alternent des films, des photos mais également des œuvres d’artistes.
Baigné dans une ambiance sonore qui rappelle les bombardements, les attaques, le visiteur découvre, au milieu d’armements individuels et d’accompagnement, le terrain dévasté, criblé de millions de trous d’obus.

Le premier étage : la vie des hommes dans l’immédiat arrière-front

Au premier étage, le musée s’intéresse à la vie des hommes dans l’immédiat arrière-front.
Un premier espace présente le commandement de la bataille des premières positions aux états-majors de l’arrière.
Dans son prolongement, la vie des hommes dans les cantonnements de repos en arrière de la ligne de front est présentée : ainsi les thématiques de l’alimentation, des loisirs et de la correspondance avec les familles sont illustrées à l’aide de nombreux objets, de photographies et d’enregistrements sonores et vidéo.

Surplombant le grand écran de 100 m², deux répliques d’avion à taille réelle, un Nieuport français et un Fokker allemand, nous rappellent que la bataille de Verdun constitue la première bataille aérienne de l’Histoire. L’action menée par l’aviation est complétée par une vitrine présentant des hélices, des armements, des uniformes ainsi que des modèles réduits.

La scénographie du premier étage se termine par l’évocation des installations sanitaires implantées dans l’arrière-front. Un des éléments majeurs de cet espace demeure la reconstitution d’un bloc opératoire. L’accent est également mis sur les progrès de la médecine durant le conflit, de la radiologie au développement de la chirurgie réparatrice en passant par les différentes prothèses, progrès qui ont permis de sauver des millions d’hommes durant tout le conflit.

Les terrasses : le paysage d’hier à aujourd’hui

En quittant l’espace consacré à la vie des soldats dans l’arrière-front, le visiteur pénètre dans le hall Maurice Genevoix, hall d’honneur du Mémorial, au centre duquel trône un buste de l’ancien combattant devenu porte-parole des vétérans de 14-18.
Dans la pièce se dressent également côte à côte un drapeau français et un drapeau allemand, étendards qui rappellent le drame commun vécu par les deux pays durant le terrible conflit.

Après avoir traversé le hall, le visiteur peut se rendre au dernier étage du Mémorial pour découvrir l’exposition temporaire ainsi que les terrasses donnant un excellent point de vue sur une grande partie du champ de bataille notamment en direction de l’ossuaire et du fort de Douaumont.

Le catalogue d’exposition intitulé Dans la bataille Verdun 1916, rédigé par la commissaire d’exposition Edith Desrousseaux de Medrano en 2016, présente un résumé de la bataille appuyé sur les différents espaces et pièces de collection de la muséographie.

Pour terminer la journée, le groupe a visité rapidement deux autres sites : Fleury et l’Ossuaire de Douaumont.

2) Fleury-devant-Douaumont : un village « mort pour la France »

Présentation du village avant la bataille de Verdun

Petit village au sein de la place fortifiée de Verdun, Fleury compte 422 habitants en 1913. Les villageois doivent alors composer avec les servitudes militaires.
La bourgade est dotée d’une petite station ferroviaire qui relie la localité à Verdun ainsi qu’à la plaine de la Woëvre.
Pendant la guerre de mouvement (août-septembre 1914), le village reste à l’abri des forts, nullement menacés par les troupes allemandes. Le front se fixe à 10 kilomètres au nord du village.

Fleury dans la bataille de Verdun

Lorsque le 21 février 1916, l’offensive allemande se déclenche, la population du village est évacuée. Fleury n’est plus dès lors occupé que par des militaires.
Le 25 février 1916, les Allemands s’emparent du fort de Douaumont, n’étant plus désormais qu’à deux kilomètres du village. Mais dans les jours suivants, la progression allemande s’essouffle.
En arrière des premières positions, les caves des maisons accueillent des postes de secours ainsi que des postes de commandement.
Au fur et à mesure des semaines, Fleury est de plus en plus ruiné par les nombreux obus qui s’abattent sur la localité ainsi que sur les ravins qui descendent vers Verdun en direction du sud-ouest.
Dans la seconde moitié du mois de juin 1916, l’état-major allemand décide de porter un coup décisif contre Verdun. Durant dans la première partie du mois, les Allemands ont réussi à s’emparer du fort de Vaux ainsi que de la crête de Thiaumont leur conférant ainsi de bonnes bases de départ pour s’élancer contre la crête en forme de croissant ouvert vers le sud qui court de Froideterre au fort de Souville en passant par Fleury. Cette ligne de hauteur constitue le dernier obstacle devant la ville.
Pour ce coup de boutoir final, von Falkenhayn, commandant en chef de l’armée allemande, a regroupé de gros moyens. 50 000 hommes ont été rassemblés, des premières vagues aux réserves. Pour appuyer les fantassins, 2 000 pièces d’artillerie donnent de la voix à partir du 20 juin. Le bombardement, terrifiant, monte en puissance jusqu’aux premières heures du 23 juin 1916, le jour où Verdun faillit tomber.
Au nord de Fleury, les soldats français dans leurs trous d’obus vivent un véritable calvaire sous ce bombardement ininterrompu.
Le 23 juin, à 6h du matin, les compagnies de 19 régiments allemands issues de six divisions différentes s’élancent à l’attaque, de l’ouest du village de Douaumont au sud-est du fort de Vaux, sur un front d’un peu plus de cinq kilomètres. En face de ces 50 000 hommes, les Français alignent en théorie près de 40 000 hommes issus de trois divisions. Mais les premières positions françaises sont totalement bouleversées et de nombreux défenseurs ont été neutralisés par le formidable bombardement préparatoire à l’offensive.
C’est à l’Alpenkorps qu’échoit la tâche d’enlever Fleury. Six bataillons doivent ouvrir la voie aux autres unités du corps alpin. Du côté français, les survivants du déluge d’acier et du nuage mortel qui a intoxiqué beaucoup d’entre eux, la nuit précédant l’offensive, sont submergés par les assaillants. Fleury est conquis par les Bavarois sauf quelques maisons de la partie haute du village ainsi que la petite gare. Ailleurs, les Français ont été repoussés sur les pentes au sud du village.
Verdun n’est finalement pas tombé, les Allemands ayant été stoppés sur l’ouvrage de Froideterre ainsi que dans les carrières de bois de Vaux-Chapitre à moins d’un kilomètre des pentes nord du fort de Souville.
Le lendemain, les Britanniques et les Français débutent la préparation d’artillerie préliminaire à l’offensive de la Somme. Celle-ci se déclenche le 1er juillet 1916.
Forcés d’envoyer des renforts pour faire face au coup de boutoir des alliés, von Falkenhayn sait que le temps joue contre lui s’il souhaite remporter une victoire décisive sur le front de Verdun.
Il décide d’une dernière offensive pour faire tomber la ville. Les premiers tirs de destruction de l’artillerie débutent le 10 juillet à midi. Tard dans la soirée, la préparation d’artillerie commence véritablement. Elle dure jusqu’au lendemain 8 h. Les canons allemands tirent près de 330 000 obus. L’artillerie française ne reste pas inactive. Pendant la même période, elle a envoyé plus de 170 000 obus sur les positions allemandes. Ce ne sont donc pas moins de 500 000 obus qui sont tombés sur les fantassins des deux camps. De nombreux projectiles tirés ces heures-là sont des obus à gaz.
Les Allemands s’élancent à l’attaque et arrivent à s’emparer de la totalité de Fleury et de sa gare. Ils atteignent également la poudrière de Fleury mais ils ne peuvent aller au-delà.
Le soir-même, von Falkenhayn ordonne l’arrêt de l’offensive contre Verdun, la priorité stratégique étant de faire face à l’offensive de la Somme.
S’engage alors un combat de grignotage pour le contrôle de Fleury. Chaque ruine est l’enjeu d’un combat furieux. Attaques et contre-attaques locales se succèdent. Dans la nuit du 19 au 20 juillet, la poudrière de Fleury est reconquise par les Français.
Le 18 août, le village est totalement dégagé par le RICM (Régiment d’Infanterie Coloniale du Maroc). Il ne reste alors plus rien de Fleury-devant-Douaumont.
Ce n’est qu’avec l’offensive déclenchée par les Français le 24 octobre qui voit la reprise du fort de Douaumont que le site du village est totalement mis en sécurité.

Fleury d’hier à aujourd’hui

Après l’armistice, les villageois reviennent et ne reconnaissent que difficilement le site. Il leur est impossible de reconstruire la bourgade avec les nombreux vestiges de la lutte : obus non explosés, restes humains…
En 1919, Fleury est décrété comme huit autres villages du champ de bataille de Verdun « Mort pour la France ».
En 1934, une chapelle est érigée à l’emplacement de l’église.
En 1979 est consacrée « Notre Dame de l’Europe » sur la façade de l’édifice. La petite statue endosse là un symbole très fort. De ce passé terrible, où de jeunes Français et de jeunes Allemands se sont entretués, doit émerger l’idée d’apaisement et de réconciliation entre ces deux peuples.

Le site, comme le reste du champ de bataille, est marqué à tout jamais. Pour donner un exemple, 26 corps de soldats français sont retrouvés dans le village en mai 2013.

3) L’Ossuaire de Douaumont

Le monument funéraire est né de l’initiative de l’évêque de Verdun, Mgr Ginisty qui, bouleversé, a découvert à partir du 20 novembre 1918 le champ de bataille jonché de milliers d’ossements.
Il envisage dès lors de créer une association afin de collecter des fonds pour ériger « une cathédrale des morts et une basilique de la victoire ». Cette association, établie en 1919, prend le nom d’ « Œuvre du Souvenir des Défenseurs de Verdun ».
Les fonds affluent de toute la France, le souvenir de la bataille étant profondément ancrée dans la mémoire collective française. La première pierre de l’édifice est posée en août 1920 sur la crête de Thiaumont, relief retenu par l’association pour accueillir l’ossuaire.
Un concours architectural est organisé en 1922-1923. C’est Léon Azéma, secondé par Jacques Hardy et Max Edrei, qui remporte le Premier prix.
Le bâtiment comporte trois parties : la tour lanterne haute de 46 mètres, les deux ailes, baptisées « cloître » chargées de recueillir les ossements dans 46 caveaux, de part et d’autre de la tour, et la chapelle catholique perpendiculaire à l’ensemble.
Il était prévu que le bâtiment, œcuménique, accueille également des lieux de cultes pour les protestants, les juifs et les musulmans notamment aux extrémités des deux ailes. Le projet fut abandonné faute de dons suffisants accordés pour ces cultes. Il faudra attendre 1938 pour que le monument dédié aux soldats israélites français et étrangers soit érigé à quelques centaines de mètres au sud-ouest de l’ossuaire et 2006 pour que le sacrifice des soldats musulmans soit dignement honoré par un monument commémoratif.

L’Ossuaire est inauguré en plusieurs temps : en septembre 1927 avec le transfert des ossements dans le corps du bâtiment, en 1930 avec la mise en service du phare de la tour-lanterne et enfin en août 1932 avec la fin des travaux.
L’édifice, orné à l’extérieur par les blasons des 140 villes françaises et étrangères qui ont donné de l’argent afin de financer le projet, regroupe les restes de 130 000 combattants français et allemands, quel que soit leur confession.
A l’intérieur du monument, pour participer au financement du bâtiment, des familles et des associations ont acheté des emplacements sur les piliers porteurs, dans les différentes alvéoles et sur la voûte afin de faire graver le nom d’un soldat ou d’un groupe de soldats dont le corps n’a jamais été retrouvé sur le champ de bataille de Verdun. Il faudra attendre 2014 pour qu’un premier nom de soldat allemand soit inscrit dans l’édifice. A l’heure actuelle, des familles continuent de faire inscrire des noms allongeant la liste des 4 000 noms déjà gravés.
Lors de la commémoration du centenaire de la bataille de Verdun, deux inscriptions, une en français et l’autre en allemand, ont été dévoilées par François Hollande et Angela Merkel rappelant que des soldats des deux nationalités reposaient dans l’édifice funéraire.

C’est devant l’ossuaire que le 22 septembre 1984, François Mitterrand et Helmut Kohl s’étaient tenus par la main devant un cercueil vide recouvert à moitié d’un drapeau français, à moitié d’un drapeau allemand, moment fort dans le processus de la réconciliation franco-allemande, appelé « geste de Verdun ».

Cet ensemble funéraire est complété par la nécropole de Douaumont, établie en contrebas de l’ossuaire et inaugurée en 1929. Le cimetière regroupe les corps de plus de 16 000 soldats français.

C’est à l’issue de cette visite que le groupe de l’APHG est retourné sur Nancy en fin d’après-midi. Une très belle journée ponctuée par de nombreux échanges.


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