Le Grand Est, 1870-2019, Forces et cultures politiques

Historiens & Géographes, n° 450, mai 2020
dimanche 13 septembre 2020
par  Franck SCHWAB
popularité : 19%

Jean El Gammal et Jérôme Pozzi (dir.), Presses Universitaires de Nancy - Editions Universitaires de Lorraine, 2019, 336 pages, 20 euros.

Cet ouvrage collectif, issu d’un récent colloque, retrace les trajectoires de quelques grands acteurs de la vie politique régionale et nationale comme celles d’un Jacques Chérèque durant les années 1980 (Pierre Toussenot) ou, avant lui, d’un Louis Marin dans les années 1920 (Jean-Etienne Dubois). On doit peut-être regretter que le parcours de ce dernier ait été privilégié au détriment de celui d’un Albert Lebrun, une nouvelle fois absent de la recherche.

Mais peu importe sur le fond, car les trajectoires individuelles ne sont pas le vrai sujet d’un livre qui s’intéresse avant tout aux permanences et aux lignes de force de la vie politique locale qu’il cherche à dégager sur le temps long des 150 dernières années.

Pas de révélations fracassantes ici à la lecture des différents "jalons" qui scandent la période, mais une confirmation : les quatre régions historiques qui constituent le Grand Est ont bien été et sont toujours des terres d’élection de la droite française, de toutes les droites françaises, plutôt, l’ouvrage décrivant avec finesse, au fil des différentes communications, la palette des "50 nuances de droite" qui ont prospéré depuis 1870.

L’hégémonie de cette famille politique dans le Grand Est explique que ses différents lignages s’y sont retrouvés beaucoup plus souvent en lutte les uns avec les autres - gaullistes contre démocrates sociaux "giscardiens" en Alsace dans les années 1970, par exemple (Paul-André Havé) - qu’avec une gauche qui, hormis quelques bastions très localisés (Romain Mathieu) a toujours été politiquement, et surtout culturellement, peu présente, à la seule mais notable exception de sa composante chrétienne.

Le bref et remarquable succès du Sillon de Marc Sangnier à Nancy et dans les Vosges (Philippe Alexandre) au moment où se produisent les derniers soubresauts de l’Affaire Dreyfus (Marie Bouchez) le prouve si nécessaire en jouant le rôle de révélateur quasi chimique de cette permanence.

Un ouvrage très instructif qui ouvre de nombreuses pistes à la réflexion.

Franck Schwab


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