Retour d’expérience sur le Grand oral du baccalauréat - Session 2021

L’atelier « Second cycle » de la Régionale de Lorraine – 27 juin 2011
mercredi 30 juin 2021
par  fred131
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Ces constatations sont le fruit d’une concertation réalisée à la suite de la participation d’enseignants de notre Régionale à l’épreuve du Grand oral soit en tant que « spécialistes » (questions d’HGGSP) soit en tant que « non-spécialistes ». Elles constituent une première analyse, forcément sommaire, de cette nouvelle épreuve et visent à fournir des éléments de réflexion qui puissent permettre son amélioration pour les prochaines sessions.

1) Globalement, se dégage un consensus sur la valorisation et l’évaluation de l’oral, dimension qui manquait un peu jusqu’alors au baccalauréat. Par certains aspects, cette épreuve a pu un peu rappeler les oraux de TPE (sans la production finale évidemment). Certains collègues ont pu se sentir un peu gênés de ne pas connaître les sujets à l’avance quand d’autres ont trouvé le principe d’une épreuve dans laquelle le candidat doit justement expliquer son sujet à des non-spécialistes plutôt pertinent. Ce n’est que la première année, il nous faut construire nos repères et cette note s’inscrit bien dans cette volonté.

2) Quelles difficultés ont pu être rapportées par les collègues ?

- Difficultés en termes de repères justement pour des collègues « spécialistes » mais qui n’avaient pas fait le programme de terminale, consciencieusement certains ont « avalé » le programme en très peu de jours voire d’heures (très faible délai entre les convocations et les épreuves) pour être « raccord » et pouvoir poser des questions aux candidats.

- Difficultés dans le choix des questions à poser aux candidats, il a bien été précisé que les acquis en termes de connaissances devaient être évalués non seulement sur le sujet choisi par le candidat mais aussi sur le programme de la spécialité, notamment la partie en lien avec le sujet. Les candidats savaient-ils qu’il fallait réviser le programme de spécialité ? Cela ne paraît pas du tout évident aux vues de certains entretiens. Y compris sur la partie du programme concernée par le sujet. Les réponses aux questions posées en lien avec le programme s’avèrent souvent catastrophiques et témoignent d’une non-acquisition des connaissances de base du sujet et du programme de spécialité. (C’est aussi sans doute lié au fait qu’il n’y ait pas d’épreuve de spécialité cette année et donc pas de révision globale). Certains collègues ont limité ces questions de vérification des acquis de connaissances pour ne pas trop pénaliser et déstabiliser les candidats étant donné les consignes de « bienveillance » qui avaient été données.

- Difficultés pour évaluer la partie « présentation du projet de formation ». Évidemment quand le candidat choisit une question liée avec son projet, c’est plus facile mais tous les candidats n’ont pas forcément un sujet articulé au projet de formation. Comment évaluer : la connaissance des filières de formation, la motivation, le fait que ce projet soit mûri ou non de longue date ? Tous ces critères ne peuvent être évalués en tant que tels ; ou alors on en revient aux seuls critères de l’oralité… C’est une vraie difficulté ressentie par beaucoup d’entre nous.

3) Plus globalement, cette épreuve, encore une fois intéressante dans ses objectifs, nous interroge sur l’harmonisation à l’échelle nationale : comment faire en sorte que la note de grand oral ne soit pas simplement le reflet d’un « ressenti » sur l’aptitude du candidat à s’exprimer devant un jury ? Nous avons bien eu des formations sur l’évaluation et ses biais, mais nous pensons qu’un cadrage national plus strict est nécessaire pour établir clairement les attendus et ce sur plusieurs points :

- En amont : le choix de la question  doit s’inscrire dans le programme d’une ou de deux spécialités. On a pu avoir beaucoup de questions choisies par goût par les candidats mais non reliées au programme, d’où des difficultés pour évaluer les acquis. D’où une grande distorsion entre les candidats qui font l’effort de choisir un sujet articulé au programme et ceux qui ne le font pas. L’idéal serait que les attendus (notamment de notation) soient communiqués aux collègues et aux élèves de spécialité très tôt dans l’année, pour qu’ils puissent s’entraîner à cet exercice.

- Lors de l’épreuve : un barème indicatif semblerait un outil pertinent pour cadrer davantage la notation et éviter ainsi une notation « d’impression ». On pourrait proposer 5 points pour la réponse à la question (exposé de l’élève) + 10 points pour l’échange (avec des questions sur le programme de spécialité incluses dans le « contrat » de préparation) + 5 points pour la partie « projet de formation » mais là évidemment on se retrouve sur la difficulté évoquée plus haut. Une ouverture sur un aspect « éthique » ou « citoyen » ou « actualité » de la question semblerait plus appropriée. (Ce qui n’empêche pas le jury d’interroger sur le projet de formation pour mieux connaître le candidat).

Il nous semble qu’un cadrage plus « établi » permettrait de mieux répondre aux objectifs de cette épreuve, qui correspond plus globalement à l’objectif de la réforme du baccalauréat, à savoir : mieux préparer les élèves au post-bac. En effet, et même s’il est vrai que ce n’est que la première année, année compliquée qui plus est par la crise sanitaire avec des conditions de travail fort différentes d’un établissement à l’autre, la grande majorité des prestations s’apparente à une présentation orale plus ou moins apprise par cœur, sur un sujet parfois voire souvent travaillé à la va-vite sous forme d’un copier-coller d’un site internet (ce sera d’ailleurs un danger majeur à l’avenir car des banques de questions, payantes ou pas, vont vite se constituer).

Notre expérience de l’épreuve révèle malheureusement que le vocabulaire et les notions essentielles ne sont pas maîtrisées par un grand nombre de candidats avec des confusions parfois ahurissantes sur des points de base du programme, y compris après un bon ou très bon exposé initial (encore une fois quand le programme est relié !). Il ne faudrait pas que cette épreuve tourne à la superficialité oratoire. Ce serait dommage pour le baccalauréat et surtout contre-productif pour nos élèves qui méritent une formation de qualité associée à un certain niveau d’exigence.


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